Pendant plus de cinquante ans, la cité-jardin de la Butte Rouge s’est construite par étapes. Cette aventure urbaine, sociale et paysagère a donné naissance à l’un des ensembles de logements les plus remarquables du XXᵉ siècle en France. Retour sur les grandes dates qui ont façonné ce patrimoine exceptionnel.
Une ambition née au lendemain de la Première Guerre mondiale
En 1915, Henri Sellier crée l’Office public des Habitations à Bon Marché de la Seine (OPHBMS). Son objectif est de construire des logements salubres, lumineux et entourés de nature afin d’améliorer les conditions de vie des familles populaires.
Les premières acquisitions foncières interviennent dès 1916 et 1917 à Châtenay-Malabry. En 1920, près de 54 hectares sont réunis pour permettre la création d’une cité-jardin d’une ampleur inédite.
Après plusieurs années d’études, le projet est définitivement validé en 1929.
Une cité construite en sept tranches
Entre 1931 et 1965, la Butte Rouge est réalisée progressivement.
1931-1933 : 1ʳᵉ tranche – 1 036 logements
1935-1939 : 2ᵉ tranche – 539 logements
1948-1950 : 3ᵉ tranche – 491 logements
1950-1952 : 4ᵉ tranche – 528 logements
1955 : 5ᵉ tranche – 402 logements
1958-1960 : 6ᵉ tranche – Cité des Peintres – 443 logements
1963-1965 : 7ᵉ tranche – 225 logements
Au total, 3 664 logements sont construits entre 1931 et 1965. Aujourd’hui, avec les réalisations postérieures, la cité-jardin compte près de 3 900 logements répartis sur environ 65 hectares.

Les grandes étapes de la construction de la cité-jardin de la Butte Rouge (1915-1965).
Une œuvre collective
La Butte Rouge est le fruit du travail de plusieurs générations d’architectes.
Les premières tranches sont conçues par André Arfvidson, Joseph Bassompierre et Paul de Rutté.
Après le décès d’André Arfvidson en 1935, Paul Sirvin poursuit le projet avant que Pierre Sirvin ne participe aux dernières phases de construction.
L’ensemble paysager est imaginé dès l’origine par André Riousse, dont le travail contribue largement à l’identité de la cité-jardin.
Une cité pensée comme un véritable quartier
La Butte Rouge ne se limite pas à des logements.
Dès l’origine, elle intègre des écoles, des commerces, des équipements sportifs et un vaste réseau d’espaces verts.
Parmi les réalisations emblématiques figurent :
• la piscine municipale ouverte en 1935 ;
• le groupe scolaire Tomáš Masaryk (1940) ;
• le groupe scolaire Léonard-de-Vinci (1954).
Cette approche globale constitue l’une des grandes originalités de la cité-jardin.
Une histoire qui explique sa valeur patrimoniale
L’histoire de la Butte Rouge permet de comprendre pourquoi elle est aujourd’hui reconnue comme l’un des ensembles majeurs du patrimoine urbain du XXᵉ siècle.
Construite durant plus de trois décennies, elle témoigne de l’évolution de l’architecture, de l’urbanisme et des politiques sociales françaises tout en conservant une remarquable cohérence d’ensemble.
Cette histoire explique également pourquoi de nombreuses associations, historiens et professionnels du patrimoine défendent aujourd’hui sa préservation.
Le saviez-vous ?
📌 La construction de la Butte Rouge s’est étalée sur plus de 34 ans.
📌 Plus de 3 600 logements historiques ont été construits.
📌 La cité-jardin couvre environ 65 hectares, ce qui en fait l’un des plus grands ensembles de ce type en France.
Conclusion
La frise historique montre que la Butte Rouge n’est pas un quartier construit en quelques années, mais le résultat d’un projet urbain exceptionnel développé pendant un demi-siècle.
Comprendre cette histoire est essentiel pour mesurer toute la valeur patrimoniale de la cité-jardin et les enjeux de sa préservation.

